mardi 19 février 2008

Commentaires & critiques 5ème sélection du prix des lectrices ELLE 2008

Mon weekend à Aix s'est terminé, SNIFFF ...
En tout cas une chose est sûre, partir donne envie de revenir :) (A bon entendeur).
Voilà donc mes commentaires de cette 5ème sélection.

Dans la catégorie ROMAN :
"La bâtarde d'Istanbul" d'Elif Shafak
Commentaires : Quelle belle aventure que je viens de refermer.
De multiples paysages défilent sous nos yeux : L’Arizona, San Francisco, pour l’aspect Américain. Istanbul, pour la partie Orientale.
Un voyage touristique et temporel à la fois, une vraie traversée des cultures.
Armanoush, fille de parents divorcés, (de Rose l’Américaine et de Barsam, l’immigré Arménien), se partage au quotidien entre la Côte Est et la Côte Ouest des Etats-Unis, entre sa mère et son beau père Mustapha d’un côté et son père et sa grand-mère de l’autre.
Partie incognito à Istanbul, à la recherche des ses origines Arméniennes, elle va se lier d’amitié avec Asya, jeune fille Turque vivant au milieu d’un clan matriarcal.
Armanoush va vivre, dans la famille de sa nouvelle amie, dont le seul lien de départ, se trouve être Mustapha, son beau père, qui est l’oncle de cette dernière.
Mais, de nombreux hasards, réunissant ces deux familles, feront leur apparition petit à petit. Des souvenirs engloutis par le passé vont ressurgir
Une histoire qui mélange subtilement l’amitié, l’amour et les liens familiaux.
Le choc des cultures entre Arméniens et Turcs tient la place centrale de ce roman, avec pour thème le génocide Arménien. Bien ancré pour certain, tombé dans l’oubli ou simple découverte pour les autres.
Je me suis sentie comme dans un rêve à la lecture de ce livre.
Je pense que cela est dû au fait que l’écrivaine casse son rythme d’écriture en voulant employer diverses formes, comme l’utilisation d’Internet, qui permet à Armanoush de tchater sur un forum, pour donner de ses nouvelles, les nombreuses discutions entre une des tantes d’Asya avec ses deux Djinns, et bon nombre d’exemples encore.
Un petit côté surnaturel va côtoyer les croyances et la réalité qu’endure chacun des personnages que nous décrit Elif Shafak.
Je vous encourage à découvrir ce petit bijou d’humanité.
Note : 16/20

Dans la catégorie DOCUMENT :
"Cancer and the City, une histoire vraie" de Marisa Acocelia Marchetto
Commentaires : Une sombre histoire de vie racontée par un personnage haut en couleur.
Ce personnage c’est Marisa, l’auteure de cette Bande Dessinée, qui se met en scène pour nous raconter son combat contre le cancer du sein.
Elle l’ignore, elle l’accepte, elle le subit, pour finir par le vaincre et l’écraser avec ses talons Jimmy Choo de 12cm.
Une histoire dessinée et construite intelligemment.
On rit, on sourit de page en page avec pour toile de fond un sujet qui ne devrait pas être pris à la légère.
Et ben si, Marisa nous offre le loisir de briser un tabou, la maladie.
Une maladie connue par bon nombre d’entre nous, puisqu’il s’agit du cancer du sein.
Marisa a choisi de l’exorciser par son talent d’humoriste et de dessinatrice.
Des illustrations que je rapprocherais du style « comics », avec des cases et des vignettes formées de différentes tailles, occupant parfois une double page.
Bien sûr, elle a vécu des moments plus ou moins difficiles, mais entre une mère, qui pourrait être le sosie de Sainte Philomène, des amis, des amies et encore des amis qui sont toujours là pour elle, des blondes « botoxidées » qui nous font bien rire et un futur mari dévoué corps et âmes, son combat s’est terminé avec joie et succès.
Beaucoup feront l’amalgame avec la série « Sex and the City ». Il est vrai que le monde dans lequel évolue Marisa, ressemble presque trait pour trait à l’univers de Carrie Bradshaw : la mode, les articles de presses, New York et les nombreuses relations amicales et professionnelles, mais Marisa rencontre le cancer et pas Carrie.
Quelle chance avons nous eu, nous lectrices, d’avoir pu connaître son histoire pétillante et pleine de vie.
J’ai passé un super weekend en compagnie de mon canapé et de mes tasses de thé, à me plonger dans les aventures de Marisa. Je peux vous dire qu’on ne s’ennuie jamais.
Une Bande Dessinée que je conseille à tous les sexes, afin, d’une part, de comprendre le mécanisme et les différents traitements de la maladie et surtout pour passer du bon temps en toute simplicité.
Note : 18/20

Dans la catégorie POLICIER :
"L'interprétation des meurtres" de Jed Rubenfeld
Commentaires : Un avis mitigé concernant ce roman policier.
Tout d’abord un grand bravo pour la description de la ville de New York, je me serais crue dans un film en noir et blanc datant du début du siècle.
En passant par l’évolution des calèches aux voitures, à la sortie de terre des buildings que nous connaissons actuellement, tout est minutieusement décrit, nous permettant de nous transposer dans le passé avec crédibilité.
Le livre démarre sur les chapeaux de roue. Deux histoires se suivent en parallèle. L’arrivée de Freud et de ses disciples à New York, venus dans le but d’assister à des congrès et de faire parler de la psychanalyse aux Etats-Unis et un meurtre perpétré sur une jeune fille dans le centre de la Ville.
Nous verrons que ces deux histoires vont se lier progressivement, puisque Freud permettra l’éclaircissement sur certaines zones d’ombre de notre inconscient et tentera de nous expliquer les divers comportements humains : folie, sexualité …
Le jeune enquêteur de police va se retrouver perdu au milieu du tourbillon de la grande société New Yorkaise et va devoir élucider des meurtres commis sur des jeunes femmes.
Malheureusement, l’atmosphère de ce roman réussit son envoûtement uniquement jusqu’à sa première partie.
Trop de description, trop de mélanges de styles. Nous sommes dans le présent, plongé entre Freud et les assassinats et à la page d’après, nous nous retrouvons dans l’explication des bals de la Haute Bourgeoisie Américaine.
Cela peut certes aider à la compréhension du roman, mais je pense que l’auteur aurait pu s’abstenir de tout décrire.
De ce fait, je situerais ce livre dans la catégorie roman historique. De mon point de vue, les meurtres et le suspens passent un peu à la trappe dans ce fourbi d’explication psychanalytique et romanesque.
Note : 12/20

Je mettrai en ligne très prochainement les livres qui composent la 6ème sélection.
Sur ce, bonne lecture ...

4 commentaires:

marie a dit…

Je n'ai pas adoré La Bâtarde d'Istanbul, personnellement. Les débuts étaient très prometteurs mais ensuite cela s'enlise un peu je trouve, comme si l'auteur manquait d'idées pour prolonger l'idée de départ. Au final on se retrouve avec une abracadabrante histoire d'inceste tirée par les cheveux et d'autre part une sombre histoire ancienne prenant ses racines dans le background historique de la Turquie, que j'aurais aimée à la fois plus claire et consistante. La piste internet n'est pas mauvaise mais peu exploitée. Finalement ce sont toutes les petites notations culinaires que j'ai trouvées vraiment originales et ..de bon goût!

marie a dit…

Pour le deuxième, c'est un livre assez époustouflant, unique à la fois dans le fond et la forme! Moi ça m'a rappelée Fonelle dans Elle avec en plus une mise en page qui en jette -quelle pro!

marie a dit…

Le 3ème, bah oui, je pense tout comme toi. C'est vraiment bizarre ce livre, ce n'est pas inintéressant mais c'est tout sauf un polar! Enfin, j'i lu bien plus mauvais comme roman policier dans ma dernière fournée (tu sais, la "Grande" de 7 à la fois)
Merci pour ce partage d'impressions et peut-être au moisprochain au Salon de Livre!

Faustine a dit…

@Marie : Merci à toi de venir partager tes impressions.
Je suis ok avec Toi sur la fin de la Bâtarde d'Istanbul, j'y ai vu une différence.Je suis restée, je pense, sous le charme du grand début du roman :)
C'est le modernisme qui m'a le plus marquée.
Pour le second, j'ai vraiment le souvenir d'avoir passé du bon temps et je cherche un peu partout des BD similaires dans le commerce. Si tu as des pistes je suis preneuse :)
Quant au 3ème, no comment :)
Oui, on se verra surement au Salon du Livre, j'attends mon invitation avec impatience :)